dimanche 29 avril 2007

Vues de l'esprit

12. Vues de l'Esprit 1985
Huile sur carton entoilé 27 X 19

Ces "Vues de l'esprit" sont la reprise du dessin automatique ci-dessous, que j'avais associé à ce poème d'Apollinaire:
"La nudité des fleurs c'est leur odeur charnelle/ Qui palpite et s 'émeut comme un sexe femelle/ Et les fleurs sans parfum sont vêtues par pudeur/
Elles prévoient qu'on peut violer leur odeur"
Le titre de la peinture, Vue de L'Esprit est un clin d'oeil à John Lennon et à son disque Mind Games sur la pochette duquel le profil de Yoko Ono apparaît comme un élément du décor.


mardi 24 avril 2007

Visage aquatique


11. Visage Aquatique 1985 (?)
huile sur carton entoilé 41 X 33


Cette toile, dans le goût surréaliste, onirique, est une improvisation.

Au départ j'ai tracé une trame rouge sur fond blanc, trame automatique qui ressort encore au coeur de la composition. J'ai modelé longuement cette trame et j'ai rempli chacune des surfaces délimitées par la trame d'une couleur différente un peu à la manière d'un vitrail.


Je me rappelle, aux moments de découragement, avoir amèrement regretté de ne pas avoir commencé par "faire un fond"

En général, mes tableaux n'ont d'ailleurs pas de fond, ils sont constitués de parties qui s'emboîtent, comme dans un puzzle. Je ne ressens pas le tableau comme un sujet se détachant sur un fond. (Bien que cela soit le cas dans la gouache ci-contre)

Les traits du visage sont apparus d'eux même soulignés par des "collages" copiés dans les livres préférés de mon enfance.

A ma manière j'ai repris ces portraits à thème chers à Archimboldo aimé des surréalistes.

Dans le même esprit, cette gouache sur papier 24X 32
intitulée Consommations datée de juillet 1982

lundi 23 avril 2007

La fenêtre

10. La fenêtre huile sur carton entoilé 33 X 22 1986

Peinture expressionniste, couleurs crues telles que sorties du tube, ces petits tableaux sont comme des notations autobiographiques véhémentes. Du point de vue formel, on discerne un parti prix de simplicité et de violence.

On a une figure de jeune fille romantique dont on distingue la rondeur du sein, mais la croisée, d'un rouge agressif, forme un signe d'interdiction ou de danger.
On peut supposer que cette croix rouge représente le surmoi qui s'interpose entre le désir et sa réalisation, ou bien elle peut représenter la peur de l'inconnu, de l'autre.

Ce dernier, bien qu'attirant, représente un danger pour l'artiste, sachant que concrètement se consacrer à son art et se consacrer à une famille n'est pas forcément compatible.

dimanche 22 avril 2007

La base la nuit

La base la nuit huile sur carton entoilé 35 X 24 nov. 85

Ce petit tableau tentait naïvement d'exprimer l'impression curieuse, presque féérique que donnait la base militaire d'Istres où j'accomplissais bravement mon service militaire. J'étais affecté dans les Fusiliers Commandos, à l'intervention. Nous accomplissions deux rondes nocturnes dans un camion débaché. Une bâche nous aurait certes protégé du mistral, qui en novembre nous refroidissait redoutablement, mais elle nous aurait empêchés de surveiller. Notre sous-officier était un personnage parfaitement adapté à la vie militaire dont le vocabulaire se réduisait à quelques formules efficaces qu'il pouvait combiner selon les besoins. Voyez ci-dessous sa caricature ainsi que le dessin de notre camion.

Il nous envoyait parfois faire le guet, nous nous couchions dans la garrigue, dans "les quéqués" selon le jargon local. Il s'agissait ainsi selon notre garde-chiourme de "s' coucher rapid'ment dans les quéqués". De là nous pouvions contempler les bâtiments éclairés, les pistes, ainsi qu'au loin, les usines illuminées de Fos-sur-mer.



samedi 21 avril 2007

Le cri de l'Oiseau Normal

8. Le Cri de l'Oiseau Normal huile sur carton entoilé
24 X 16


Sur un fond en frottis prestement effectué, peinte directement au tube, l'habituelle figure morose apparaît, réduite à sa plus simple expression, surmontée du cri de l'oiseau normal.

Ce jaillissement, c'est ce qu'on appellerait une peinture radicale, n'était le format très modeste et discret. A partir d'aujourd'hui cependant ce cri est jeté à la face du monde, depuis ce blog, moderne bouteille à la mer.


Il m'était inspiré par le juron anglomane favori de James, par lequel il exprimait brièvement son insatisfaction de ne pas vivre parmi les clochards célestes sur la route Kérouaquienne au rythme du jazz de Slim Gaillard...


Être normal, c'est ce que, je suppose, l'on attendait de nous... Et nous n'y arrivions pas si mal, même si notre fierté nous interdisait de le reconnaître. Car nous nous serions voulus de sacrés oiseaux! Il ne fallait que s'élancer de la falaise, et espérer que nos ailes nous soutinssent.


Cette peinture n'est pas forcément d'une invitation à une sexualité débridée, mais au fond, est-ce si sûr? Ce graffiti "Art Fucke" sur le mur de la fac m'intriguait. S'agissait-il d'une sorte de Kama Soutra? La sexualité était encore pour moi une chose mystérieuse, attirante et envoûtante, en même temps que triviale, tout comme l'art, ce que tous deux n'ont, à la réflexion, jamais cessé d'être pour moi.

vendredi 20 avril 2007

Bye bye blackbird

7. Bye Bye Blackbird Huile sur carton entoilé 27 X 19
Il s'agit de la transposition du dessin automatique reproduit plus bas, sorte de "cadavre exquis" à l'encre, ("rotring") (29 X 23 cm).

On est dans le surréalisme revu et corrigé par une esthétique du dérisoire, peut-être lointainement inspirée de la bande dessinée de l'époque (Métal Hurlant, l'Echo des Savanes) que mon voisin de chambre affectionnait. Cette peinture rappelle surtout la poésie (sur)réaliste et agressivement anticonformiste de Prévert, dont j'avais lu et relu le recueil Paroles étudié en classe.


Le titre est emprunté à un standard du jazz dont j'avais l'habitude de jouer le thème, très simple au demeurant, à la flûte à bec. Mon camarade James me faisait partager sa passion. Nous fréquentions les concerts des Amis du Jazz. J'avais acheté une petite chaîne stéréo et, sur mon carnet à dessin je griffonnais au hasard, au gré des improvisations des jazzmen. J'appréciais particulièrement Miles Davis dans la période où il "faisait équipe" avec Coltrane et particulièrement leur interprétation de ce morceau. Je me passais les enregistrements de cette période en fumant et en dessinant sur mon lit.


C'était aussi un hommage à Charlie Parker, surnommé "bird" comme on le sait, mort incompris à 34 ans et auquel je m'identifiais.


Je voulus reprendre ce dessin à l'huile. Si je me souviens bien, mon équipement laissait grandement à désirer et les pinceaux bon marché que j'utilisais étaient déjà hors d'usage. Je faisais peu de cas de l'aspect matériel et ne peignait d'ailleurs pas régulièrement. Je prenais le pinceau uniquement "dans l'urgence" comme on disait, et ne me souciai pas de paraître professionnel.


Cette petite toile m'a posé quelques problèmes techniques. J'étais un peu embarrassé par les lointains que j'avais du mal à rendre crédibles. Je décidai de situer mon dessin sur la scène d'un théâtre en pensant à l'"Opéra fabuleux" dont parle Rimbaud.


Le personnage central forme une croix avec un cheval d'arçon. Un pantin noir pend à son bras, une petite fille, devenue un garçonnet dans la peinture, montre les horizons lointains. Sur le dessin, la patte arrière est une équerre mal dégrossie, sur la peinture ce sont deux pattes un peu maladroites.


Cette croix est dressée en hommage à l'oiseau mort. Le personnage central, une femme visiblement grosse, représente le côté créateur. La main droite est écartée sur le côté, ouverte, prenant le spectateur à témoin, l'autre soutient un cheval d'arçon. A l'encre, ce personnage regarde fixement l'extérieur du champ, le sourcil froncé dénonçant l'injustice faite aux artistes, (et principalement à l'auteur du dessin.) Sur la peinture, les traits restent flous mais le personnage a l'air encore plus égaré, aveuglé par la douleur peut-être. Finalement, le pantin pendu au bras de l'allégorie de l'art fait double emploi avec l'oiseau, et de plus ce dernier figure dans le titre. Le conserver dans le tableau ne présentait aucun avantage notable.


Dans le dessin, le personnage semble harrassé par le poids du cheval. Celui-ci représente les difficultés que la société impose à ses artistes pour éprouver leur vocation. Dans la peinture, cette figure est plus dynamique, moins délibérément courbée sous le harnais.


Le personnage placé sur la tête et montrant le lointain exprime une composante de la personnalité de l'auteur : sa difficulté à être concentré sur le présent, ou, si l'on veut, son goût pour ce qui n'est pas encore, mais pourrait être. Ce qui renvoie également à son signe astrologique (sagittaire). Cet aspect est renforcé par le fait que ce personnage soit un enfant, une promesse.


Ces interprétations pourraient laisser penser qu'il s'agit d'une allégorie, mais d'une part, s'agissant d'un dessin automatique, rien n'est préalablement pensé. Le dessin se crée lui-même et ne prend sa signification que par l'interprétation ultérieure du critique. Il s'agit davantage d'une tautégorie, qui ne renvoie à rien d'extérieur à elle-même. Le dessinateur, en créant cette image, à la fois devient créateur et créateur incompris, comme son modèle Charlie Parker. Il ne parle de rien d'autre que de sa volonté d'être considéré comme créateur, et il anticipe en même temps la réponse agressive du public (en l'occurrence son propre père, qui affirmait : "la poésie on s'en torche" et n'envisageait en aucune façon de le voir "aller faire le con aux beaux-arts").


Que de commentaires pour une si petite peinture! Et encore, je me retiens...

jeudi 19 avril 2007

Abstrait sur les lutteurs

6. Abstrait sur les lutteurs 1985 (?) huile sur toile
41 X 33






Je pourrais montrer mes "productions" tout simplement, dans l'ordre chronologique et ce serait vite fait. Mais toute bonne monographie d'artiste doit être environnée de texte, de paroles, de blabla disons le mot. Et puis de la sorte j'invente peut-être un nouveau genre, qui sait? le journal monographique autocritique...

Bon, eh bien ici on a une rupture de style difficilement justifiable. Alors qu'on était plutôt dans l'art brut, la naïveté, voire, ont pu dire certains esprits bornés, la laideur, on se trouve devant une toile abstraite certes toujours un peu naïve, mais pas si désagréable à regarder malgré une composition assez lâche, d'aucun diront même hasardeuse.

L'abstraction, je ne m'en étais guère mêlé jusqu'à présent, ne m'en jugeant pas digne ou ne la jugeant pas digne d'intérêt.

Cette séance-là, j'étais à la maison, j'avais peint deux silhouettes de lutteurs du même bleu que le costume du Huguenot. Ça ressemblait un peu à un panneau indicateur "attention lutteurs" ou à une affiche sportive des pays de l'Est. Je ne voyais pas où cela allait me mener, je me suis mis à barbouiller la toile de droite et de gauche, jusqu'à obtenir un certain équilibre, être relativement satisfait du résultat.

Ça ne ressemblait à rien de précis, (on distingue peut-être une maison et un arbre, en blanc) c'était bel et bien une toile abstraite. Maman, qui m'avait quitté dessinant deux lutteurs fut bien étonnée. Elle m'encouragea à conserver ce travail, car elle appréciait beaucoup l'art abstrait.

C'est en tout cas un témoignage de ma palette de l'époque, qui ne comportait comme on le voit aucune couleur de terre.

mercredi 18 avril 2007

Le Huguenot


5. Huguenot 1984 (?) Huile sur carton entoilé 61 X 46



Le personnage au premier plan, est quasi chauve encore. Son visage est plus lisse toutefois et des cheveux commencent d'apparaître timidement. Le tableau baigne dans une couleur violette qui lui donne une atmosphère froide, religieuse, moralisatrice. Le maillot collant du grand personnage était d'un jaune citron éclatant que j'ai recouvert ensuite. Le personnage est désormais entièrement couvert d'un bleu enfantin.


Au second plan une femme croque la pomme et, dans l'entrebâillement d'une porte, un couple pratique la fornication. (La silhouette se détachant ainsi à l'arrière plan est certainement une vague réminiscence des Menines de Velasquéz.)


Ce tableau, dont l'aspect est dépouillé témoigne de l'interrogation de son auteur concernant l'interdit judéo-chrétien de la sexualité. Il s'agit de régler une succession difficile, de refuser peut-être un héritage embarrassant. Le personnage est pur et lisse, ses grands yeux très ouverts, il a certes quelques cernes... Il semble prendre le spectateur à témoin : La société est corrompue, les femmes abandonnent la pudeur, et c... C'est là le discours intégriste classique et un aspect de l'éducation que le peintre a reçue.


Gide, que je lisais abondamment à cette période, a décrit la mentalité puritaine des communautés protestantes dont il était issu. Cette mentalité me semblait parfaitement familière : elle est toujours à l'oeuvre dans des familles pourtant redevenues catholiques depuis des siècles. Mon Grand-Père me montrait le "chemin des Huguenots", c'est à dire des protestants. Rome est en théorie parvenue à éradiquer le protestantisme, mais on n'a changé qu'une étiquette et l'exigence morale qui avait amené la réforme est toujours vive.

mardi 17 avril 2007

Le visage-temps



4. Le Visage-temps 1984 (?) huile sur carton entoilé 35 X 24

En toute modestie je trouve ce petit tableau assez réussi. On y sent une influence surréaliste. Dali, sans doute, avec le côté vaguement métaphysique sous-jacent. Au niveau technique, je me suis servi de noir d'ivoire, de blanc et de jaune pour obtenir ces gris-verts assez agréables, auxquels s'accordent les rose-orangés des corps. Ce visage est à la fois amusant et légèrement inquiétant, comme l'était ma vie à cette période. J'étais jeune et plein d'espérance (et le vert, on le sait...) mais je ne savais pas si ça allait tourner au jaune d'or ou au noir du désespoir. Jusqu'à présent on est plutôt dans la grisaille...

Il me semble me souvenir avoir utilisé un dessin préparatoire, mais je ne l'ai pas retrouvé.

Les deux nus du dessus sont là pour donner l'impression d'une composition allégorique, assez réussis compte tenu de la faiblesse de mon expérience. Une affiche qu'on voyait beaucoup à cette période intitulée "What is in a male mind" (Ce quil y a dans l'esprit d'un homme) où la partie supérieure d'un visage d'homme était confondue avec un corps de femme m'a peut-être également inspiré.

Les moyens techniques mis en oeuvre sont limités sans doute, mais l'effet global est bon, avec une unité certaine, et la composition est intéressante.

lundi 16 avril 2007

n° 3 : Nuit sur la Montagne




3.Night on the Mountain 1984
huile sur carton
entoilé
41X 33.










Je regrette un peu que ces premiers "travaux," pour des raisons économiques, aient été peints sur carton, un support qui n'est pas réputé très résistant.

Les circonstances qui ont vu la naissance de cette toile m'échappent. Philippe R. regrettait que la fumée noire fasse balafre sur cette tête si réussie d'après lui. En fait, le visage lunaire a été peint lors d'une seconde séance, au pastel à l'huile.

Le titre ( et peut-être l'atmosphère du tableau) m'a été inspiré par "Night on bald mountain" (Une nuit sur le mont Chauve) de Moussorgsky reprise dans le dessin animé Fantasia, que la télé passait et repassait quand j'étais gamin.

J'associe volontier cette peinture avec la gouache ci-dessous peinte en 1981 et intitulée Avenir. Ces deux oeuvres m'évoquent d'une part les volcans aux pieds desquels nous vivons, sympathiques géants aux colères pas toujours prévisibles, et d'autre part, symboliquement si l'on veut, les pulsion de destruction qui nous habitent tous et qui peuvent également entrer en éruption brusquement, pour une raison ou une autre.

dimanche 15 avril 2007

Le fumeur















2. Le Fumeur huile sur carton entoilé 46 X 33 (1984 ou peut-être 1985)

Vous l'attendiez tous, voici le numéro 2, ma deuxième peinture à l'huile! Pas dans le même style que la première, c'est toutefois encore un autoportrait (je me livre à fond, là!). On ne le dirait pas à le voir, mais je me rappelle avoir pris beaucoup de plaisir à peindre ce tableau.

Cette fois-ci, c'est un autoportrait moral. Depuis peu j'ai entamé une formation professionnelle qui ne correspond pas tout à fait à mes aspirations. N'ayant pas obtenu mon brevet de poète, je me suis donc (?) mis à me nicotiniser à grande échelle. Un optimisme délirant s'est emparé de ma vie. C'est la (fameuse) période où je dessine partout d'affreux vieillards chauves aux traits en forme d'araignée, jusque sur le tableau du professeur M. Lauby, qui n'ose pas l'effacer lui-même.

Il me reste quelques dessins de cette période, c'est à dire ceux qui ont été tracés sur un support stable...
Sur celui-ci, comme souvent, la tête du personnage est disproportionnée, ce qui pourrait passer pour de la maladresse. En fait, je commençais seulement à m'intéresser au dessin du corps, plutôt par désir d'ailleurs de paraître crédible techniquement que par intérêt profond. Sur ce dessin on voit bien ma détermination à me représenter en tant que peintre sous la protection de Saint Picasso. Ma vocation de peintre n'était en réalité pas si solide et j'hésitais à abandonner l'espoir de devenir écrivain.

samedi 14 avril 2007

première peinture à l'huile

1. Autoportrait 1984 huile sur carton entoilé 24 X 33


Bon alors ça y est je me décide à mettre mes peintures sur internet. Bon d'accord, la peinture n'est pas mon métier, ce n'est QUE ma passion, et j'en ai d'autres (des passions, pas des métiers.)

Malgré tout voici ma première peinture, c'est un autoportrait. J'avais 20 ans et j'étais étudiant. Je vivais en internat et je dessinais beaucoup.


Un copain à moi, James, avait acheté de la peinture à l'huile et avait barbouillé un coucher de soleil. Il m'apparut immédiatement que je pouvais faire mieux. J'achetai à mon tour des peintures : les trois couleurs primaires, le noir et le blanc, trois pinceaux bon marché et je me mis à l’œuvre. Je posai le "carton toilé" sur le lavabo et je fit mon autoportrait. Pomm' mon voisin de chambre, dit "je ne croyais pas qu'il arriverait à faire les yeux". Pomm' jouait de la guitare électrique et lisait Fluide Glacial.


Jean-Louis, qui avait je crois une formation de dessinateur industriel et avait obtenu la meilleure note de dessin au concours d'entrée (j'avais obtenu la seconde) voulut que je fasse son portrait. Je commençai par un dessin au fusain, que je fis très précis après deux dessins préparatoires dont je n'ai pu retrouver que celui-ci.
Mais ensuite une grande timidité s'empara de moi, j'eus très peur d'abîmer mon dessin et je ne voulus pas passer à la peinture à l'huile. J'ignorais qu'on pouvait utiliser du fixatif. Aujourd'hui, je ne me sers plus de fixatif d'ailleurs, j'ôte le plus gros du fusain et je peins directement, dans un souci de meilleure conservation de la peinture.
Ma deuxième peinture aurait donc dû être ce portrait de Jean-Louis mais le perfectionnisme et l'inexpérience me firent échouer. Jean-Louis garda le fusain sur le carton entoilé. Peut-être l'a-t-il encore, qui sait? Nous ne nous sommes pas revus depuis le temps de l'internat...
Qu'il me contacte s'il désire que je termine le travail. Après tout je m'étais engagé.